"La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie." Milan Kundera

Blogécriture, quotidien voyage photo

fév

23

35 – Narda, Traces, Froid de Glace

Temps blanc.

Narda est morte. 
Souvenir que me rappelle Eloise: Narda nous avait envoyé pour sa naissance un trèfle à quatre feuilles que nous lui avions donné plus tard. Bien qu’elle ne l’ait pas revue depuis des années elle a tenu à accompagner Jean-Pierre et son parrain, Vincent, et tous les autres,  famille et amis à l’incinération, au cimetière du Père Lachaise. Je repense à ces années où on se retrouvait au « Moulin de Narda », où on a tellement ri et fait de choses, entre autres kayak,  pizzas et pain dans le four à bois, jeux en tous genres, saucissons et boudins,  transformer la crème fraiche (qui accompagne les mures) en beurre rien qu’en tournant sa cuillère dans l’assiette et refaire le monde en parlant jusqu’au bout de la nuit.

Narda qui à chaque nouvelle année nous envoyait une longue et magnifique lettre dans laquelle elle réinventait notre vie à partir des photos que je lui envoyais et nous donnait de ses nouvelles. Un récit surprenant et affectueux. La famille de toujours.

Il est déjà 5h. Le soleil éclatant me pousse dehors. Obsessive, je retourne sur ma lande, aujourd’hui, brillante et sous une neige épaisse. J’y suis plus tôt que d’habitude et décide de marcher plus loin, jusqu’à l’autre croix claire que j’ai aperçue l’autre jour. Je croise plein de traces d’animaux rapides. Quelques semelles humaines. Froid de glace.

 

 

 

 

 

 

 

 

Apres le diner je prépare mes affaires. Demain nous partons tôt avec Robbie Steinbach qui nous emmène, Carolyn et Pamela et moi, pour Abiquiu. C’est là qu’habitait et peignait Georgia O’Keefe.

Oublier. Se souvenir.


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fév
22

34 – Temps maussade, Exotisme, Coller au Monde

Il a neigé toute la nuit.

Annulation de la balade avec Patrick vers Coyote Creek, de l’autre côté de la montagne.

J’en profite pour voir avec Cedric l’histoire du blog. Trop compliqué de changer celui qui me plaît. Je choisis finalement overblog avec des modèles simples dont on peut changer facilement les couleurs.

Reste calfeutrée à l’abri à lire et trier les photos. La neige est épaisse, le temps maussade.
Il reneige.


Je relis de très anciennes notes. Ah! L’exotisme – Saba en est – ne s’attache pas, puisqu’aussitôt familier il a perdu son exotisme. Libres les pas de celui qui se nourrit d’exotisme. Fermer enfin ces dures années qu’on n’écrit plus. Ou alors pour poser des conditions. Puis plus du tout. La gorge trop serrée, l’étouffement guette. Alors s’échappe la plainte très triste du manque d’amour. Où sont les mots qui décrivaient la saveur du monde, les exaltations, qui disait l’amour, les promesses, l’ivresse? 

Il serait bon de retrouver les latences adolescentes quand le temps avait le temps.
Le temps douloureux reprendrait des couleurs et de nos langueurs ennuyées naîtraient ces moments forts d’amour et de beauté. On collerait à nouveau au monde. Ne pas oublier avant même de l’avoir magnifié qu’on a aimé?

Gris dehors. Chaud dedans. Arriverai-je à lier les différentes écritures celle du regarder en photographiant, celle du comprendre en écrivant. Pas encore. Pas assez de travail.

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fév
21

33 – Vent froid, Rose tendre tout là-bas vers le sud

0221-2010-sapin Dimanche.
Je m’acharne mais wordpress ne met pas en page comme je veux. Je décide de chercher un autre blog. Me voilà à tester canalblog, blogger, blogspot, photoblog. Bon je remets à demain dans l’idée de demander à Cedric s’il peut m’arranger « une skin » comme disent certains,  un modèle que j’ai repéré et qui me plaît beaucoup mais quand je l’essaie, je n’arrive pas à mettre plus d’une photo par article. Et ça ne correspond pas à mon idée de « journal photographique ».

Le ciel est bleu.
Le soleil peu à peu disparaît.

0221-2010-cabanebleuciel0221-2010-cimetiere

Une brume épaisse arrive poussée par un vent froid et violent par saccade.

Froid porté par le vent dont j’entends le souffle soudain. Et s’apaiser. Juste la brume qui continue d’avancer. Puis se résorbe. Dans ces ouvertures, le soleil  adouci, tout là-bas vers le sud, a rosi la ligne de crêtes. Pas plus d’une minute, ça a duré. Rose d’autant plus tendre, avec ce premier plan dur, si blanc de neige, si noir de buissons. Somptueux moment de solitude contemplative.

En rentrant je me dis que ce soir je resterais bien tranquille « chez moi » sans dîner entre voisins. Je n’ai pas prévenu, il est 6h, j’ai promis le riz pour accompagner les légumes sautés. Alors j’arrive à 6h30, la casserole à la main. Pour un bon moment finalement et un délicieux repas.

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