18- Rencontre indienne, Pamela Peintre, Carolyn Parle d’Amour, Incertains les Bus à Taos


Trainaille, skype à Vosves où il y a maman, Pascale et Anna, à qui je raconte l’après-midi d’hier, le ciel bleu, les gens, Taos… Vais chercher l’imprimante qui est arrivée, la branche, « surfe » sur internet, marche jusqu’à la bibliothèque, me trompe de rue, me perds, me retrouve à la bibliothèque universitaire, entre pour demander où est la municipale. Un étudiant charmant, souriant, indien, se lève, grand et magnifique, sort pour me montrer la route, avec tout le temps du monde pour m’expliquer.
Moment de grâce! En tarrivant sur la plazza je le recroise, grand sourire et petit signe de la main.

Ce soir repas avec les autres résidents.
Pamela
nous raconte de sa vie entre Canada et Etats-Unis et comment en décidant de changer un peu par hasard d’université, elle se retrouve à 20 ans, sans encore être sûre de sa vocation, dans une des universités les plus huppées des Etats-Unis à suivre le cours d’un peintre New-Yorkais, qui lui déclare que si il y a une artiste ici c’est elle. Décisives paroles.
Carolyn nous joue le début d’une de ses pièces qui parle d’amour, et évoque ensuite cette notion de « jamais assez », dont DH Lawrence parle dans le livre que je suis en train de lire. Comme il faudrait se débarrasser de cette chose qui n’est plus du désir mais plutôt de l’inassouvissement, un manque infini, qui au lieu de se régler seul à seul, en vient à étouffer le désir de l’autre. On passe de l’étreinte à l’éteinte. Tout en parlant essentiellement dans ses pièces des destins tragiques soit de lesbiennes soit de femmes qui refusaient leur statut de femme, il s’agit en fait du sentiment amoureux et de relation et finalement cela semble bien se jouer toujours pareil. Comment la passion, l’amour, l’amitié, l’affection se construisent et se vivent et comment l’intégrité ou le manque d’intégrité, la tolérance, la jalousie, le mensonge, la possibilité ou l’impossibilité de fidélité, la trahison, le pouvoir de l’un sur l’autre ou la volonté d’égalité vont affecter la relation. Tout ça sur le fond d’intolérance qui a exclu ce groupe, au même titre que tout autre minorité.
Puis Georges nous lit l’histoire de son attente à l’arrêt de bus quand une fille arrive, s’installe à côté et entame un monologue invraisemblable qui commence par :
– « Vous devez le savoir, ici les bus c’est très incertain »,
– « Ah oui j’ai déjà remarqué » dit-il et ce seront ses dernières paroles. Elle enchaîne:
– « Moi qui habite à un quart d’heure en bus. Je prévois donc au moins une heure quand j’ai rendez-vous ».
Puis elle plonge direct sur sa fugue à 3 ans, … sa re-fugue à 10 ans … et sa vie dans la rue à partir de 12 ans, et … oui… aujourd’hui je sors de mon cours d’infirmière parce qu’à 14 ans j’ai été sauvée par une femme formidable … mais je sais même pas ce que j’en ferai de ce cours. Infirmière c’est pas pour moi, … « oh mon portable sonne euh excusez moi. Allo, t’es où ? Oui bon d’accord … etc… « . Le bus arrive.
– « Au revoir »

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