19- Robbie Steinbach et Lyn bleiler, Café Tazza, La Nouvelle Orléans

Lever dans le gris tout à fait éteint d’un ciel de neige. Petit déjeuner. Il se met à neiger. Brutalement, le ciel bleu, éclatant. Ça a été exactement comme une averse.
A midi rendez-vous avec Robbie Steinbach, un photographe de Taos. Il m’a envoyé un email, (c’est Lyn Bleiler par qui je suis arrivée ici, qui lui a dit qu’une photographe de Nice était à la Wurlitzer Foundation, etc…), pour m’inviter à prendre un pot.
Je me prépare à le rencontrer et je me dis quand même il doit avoir un site, allons-y faire un tour.
Surprise! Robbie est une femme.
Elle passe me chercher. On retrouve Lyn tout près, au cafe Tazza qui est absolument l’esprit Taos, me disent-elles.
A ce que je vois aujourd’hui un mélange très diversifié: des vieux hippies dont un qui a les cheveux qui arrivent par terre, des jeunes avec oreilles nez lèvres percés, eux ils sont dehors au soleil en pull et moi je gèle avec ma grosse veste, à l’intérieur un couple très normal avec énorme chien, 2, 3 cowboys, un groupe de copines habillées « vintage » qui rigolent au fond, un Indien, un couple tout jeune installé dans un angle et ils viennent re-remplir leur tasse au thermos sur le comptoir. Une fois qu’on a payé un café, on peut se resservir comme on veut… Entrent 2 vieux mecs plutôt pas mal genre Clint Eastwood, une grande femme en noir à l’air assez déprimé (ant) qui ressort après quelques coup d’œil égarés à l’entour, 2 autres Indiens qui rejoignent le premier au bar…

Sur les photos de Robbie: Jomo, Wendy, Chiaro, Dwight, Melody

Lyn qui revient de la Nouvelle Orléans nous en parle. La ville lui a énormément plu, on ne voit plus, en tout cas dans le centre, de trace du cyclone et des inondations. Elle ajoute que dans la ville basse ça doit être très différent.
Elle nous raconte comme les gens sont extraordinairement excentriques. Ils peuvent tranquillement arriver à un rendez vous prévu depuis des jours et vous dire:
– « Are you flexible ? Je reviens dans quelques heures il y a une fête impromptue plein de musiciens je ne voudrais manquer ça pour rien au monde, mais encore mieux venez avec nous ça va être formidable… ».
Et  ça, même à Taos, si peu conventionnel, Lyn n’avait jamais vu.

On promet de se revoir, elles veulent m’inviter, serais-je libre. ? Ah oui je crois.

Pendant que je prépare un vague repas, Carolyn appelle sur « mon » portable prêté par ma voisine Liz, je lui propose de venir déjeuner. Et nous voilà à table, reparties dans une de nos passionnées discussions sur les relations humaines, la vie, nos vies, les photos, l’écriture, ce que ça fait quand la pièce qu’on a écrite est jouée. C’est extraordinaire aussi, me dit-elle, quand je monte sur scène, c’est comme un acte d’amour quand soudain j’avance le public là tout proche et je vais jouer ma vie celle que j’ai mise dans ma pièce et elle ajoute c’est tellement violent comme plaisir! Au fait c’est peut-être pour ça que je vis seule depuis 20 ans. Et elle s’en va. Oui, je trouve cette femme incroyable, son engagement total.

J’écris des mails, je lis, comme un dimanche on dirait, et après un dîner rapide, près du poêle, dans mon grand fauteuil vieux rose, eh bien vous le savez, j’ouvre l’ordinateur, choisis des photos et me mets à écrire.

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