47 – Messe à Saint François d’Assise, Harley-Davidson, à nouveau les Ex-Voto, Hacienda Martinez et Anita

Aujourd’hui marque la moitié de mon séjour ici! Le temps passe très très vite. Aube entrevue.

Ranchos de Taos, 11h, voitures partout autour de l’église St François d’Assise tellement peinte et photographiée. C’est le début de la messe, je rentre dans l’église, remplie d’Indiens Pueblos et d’Hispaniques. Quelques blond(e)s aux yeux bleus, mais vraiment très peu. Nous attendons tous le prêtre. Tout d’un coup chant et musique, et je vois venus de dehors, l’enfant de chœur en blanc portant le christ en croix, le prêtre, vraiment pareil à ceux que l’on voit dans les westerns.
En fait c’était une des pensées que j’avais: « Comment va-t-il être ce prêtre? », pendant que je regardais les petites filles avec toutes les plus précieuses coiffures, les jolies robes et chaussures du dimanche s’installant avec leurs parents fiers comme Artaban, les adolescents garçons plutôt ingrats dans l’ensemble, tshirts expressifs noirs, pantalons trop grands tombant comme en France, côté filles beaucoup plus variées des très sages à côté des parents, certaines même priant silencieusement à genoux, une très jeune à côté de sa grand’mère qui essaie de lui remonter son tshirt sans manche mais alors il lui découvre le bas du dos. Très réchauffés tous et d’autres en noir punk. Et puis il y a de fiers caballeros,  des mères très du sud, un cow boy en tenue complète et les autres plus indistincts.
Entrée donc après le christ, du grand prêtre châtain clair suivi d’un ensemble de femmes plutôt âgées toutes habillées en blanc. Tous s’installent devant. Et immédiatement le prêtre commence à parler nous disant la beauté de l’atmosphère qu’il a sentie en traversant l’église, la sérénité, le calme… et il ne voudrait en aucun cas déranger tout ça. Immédiatement je ne sais pas pourquoi, il me déplaît et je sors. J’avais aussi vu le très beau rétable et l’intérieur de l’église. Je m’étais dit si c’est bien (?!) je resterai me recueillir pour une fois…

Je retourne à mes ex-voto qui ne sont pas loin, et c’est dans la continuité. Sauf qu’avant, je tombe sur trois motards fiers et intrépides chevauchant leurs rutilantes motos. M’arrête et leur demande si je peux les photographier avant qu’ils ne s’arrachent dans le vrombissement des Harley.

Arrivée devant mes ex voto, je sors de la voiture et entre dans la cour qui n’a ni porte ni barrière, 3 voitures y sont garées, j’appelle. Pas de réponse. J’approche de la maison au fond. Et là derrière un haut grillage je vois 4 ou 5 chiens qui commencent à sérieusement aboyer. Soudain, un qui hurle se précipite sur le grillage, s’agrippe en haut et saute dans la cour. Je commence à courir mais immédiatement je me dis « t’es folle! ». Je me retourne et m’arrête face à lui, qui fait la même chose, mais continue d’aboyer et d’avancer doucement au fur et à mesure que je recule et quand j’arrive à la limite de la rue, il se tait et  nonchalamment me surveille. Hélas pas pris de photo. Horrible peur ! Je reste là à attendre que quelqu’un sorte car je voudrais des explications sur tous ces ex voto et éventuellement savoir si celui qui les fait, Pablo Florès m’en vendrait un. Personne ne sortira. Le chien est maintenant à 10m. J’admire, très prudemment, la voiture ouverte, juste à côté.

 

 

 

Roule jusqu’à la maison suivante, beaucoup plus riche et grande avec une clôture, un portail un grand jardin et un énorme chien berger qui jaillit du côté et colle la gueule au portail tout en aboyant comme un cinglé. Nouveau  choc mais petit. Se tait dès que son maître approche. Lui demande (avec grand calme devant son sourire goguenard, suite au petit choc probablement), vous ne sauriez pas… pour les ex-votos… « No, I don’t see, oh yes… oui là-bas…  je vois ce dont vous parlez, les gens là-bas, moue légèrement méprisante, non, jamais vus. » Pour me consoler quand je repars je vois, parce que je l’ai entendu, un magnifique pic vert à la houppette rouge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je note le nom de la rue « en bas de la butte »
rentre par l’autre côté, vers Blueberry Hill,
repasse devant le Thunderstorm Ranch, le rio Pueblo,
et arrive à l’Hacienda Martinez, qui se visite.

Ce que je fais longuement et où je rencontre après les 18 pièces de l’hacienda et quelques représentations de la mort avec arc, une archéologue bien vivante, Anita qui s’occupe maintenant des collections des « musées historiques de Taos ».  Elle est en train de préparer une conférence qui va avoir lieu l’après-midi. On discute un bon moment de photos, il y a une exposition sur Taos dans la salle où on est, et je lui demande des trucs sur Chaco Canyon qu’elle connaît bien et oui il faut y aller et non les pistes ne sont pas pires qu’ici. L’après-midi est là. Il faut qu’elle finisse d’installer et je commence à avoir vraiment faim.

Je déjeune et me sens épuisée. Ça doit être le choc du chien. Et cette mort en carriole, effrayante. Alors me revient le sacré coeur de Pablo Florès, un peu de bleu pour se rasséréner.

Je mets quand même à mariner les crevettes avec gingembre, laurier citron et ail pour ce soir et reprends mes Postcards from Ed. M’allonge. Fatalement je m’endors dans la minute. Réveil juste à temps pour finir de couper les cébettes  qui vont accompagner les crevettes sautées qui sont ma participation à notre dîner en commun du dimanche.
Nous sommes 4, repas délicieux et lecture par Carolyn d’un nouveau passage de sa pièce sur Dorothy Brett. Liz nous raconte toutes les commandes de pièces qu’elle a, au grand dam de Carolyn, George rigole et moi aussi. Liz s’en va. Je raconte laborieusement mon histoire de chiens. Ce n’est plus ni drôle ni tragique. Comme Liz est la seule à ne pas oublier sa lampe de poche (éclairage public extrêmement restreint et ciel couvert ce soir), nous repartons Carolyn, George et moi dans le noir total.

 

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