81 – Le World Cup, Uma Petite Fille Douée, Discussion avec Pamela, les Collages de Romare Bearden, Balade du soir au Rio Pueblo

Le bloquage informatique continue, je m’acharne,  puis demande à Cédric. Problème rapidement résolu. Je continue à travailler sur les photos. N’ai pas le courage de sortir. Temps froid. Et puis George frappe:
– « Tu m’accompagnerais à la poste et prendre un café », ajoute-t-il en voyant ma tête.
– « Oui ça tombe bien, j’ai besoin d’un changement d’air. »
Poste d’abord, il récupère ses paquets, je demande des renseignements pour l’envoi éventuel d’affaires en France. C’est J-, euh, je compte sur mes doigts, J-11. Le temps s’accélère. Faut penser à rentrer.

Au World Cup, le bar préféré de George, d’après lui c’est là que tout se passe, le café est bon et les 2 serveuses vraiment sympas et marrantes.
The Best Little Coffee Shop in Taos

Great spot to people watch – located on Taos Plaza – local hangout for artists and other eccentric hipsters and a must for anyone passing through. The coffee is great, the barristas are both pretty and friendly and although the space itself is tiny, the outside balcony is the best place in town for a shady seat and an eye on Taos. Sunday mornings are especially busy and at any time you might be suprised by who is waiting in line behind you. Could be Julia Roberts in that hat pulled down low. Prices are comparable to Starbucks and other espresso bars.

Ce matin, y’a un père et sa fille juste à côté de nous. Elle s’appelle Uma et a autour du cou une très jolie petite bourse jaune qu’elle a fabriquée et peinte. On la complimente, alors tout le café vient voir la pochette, on admire, on s’exclame… Elle disparait, sans qu’on s’en aperçoive. Nous parlons avec son père et les serveuses, regardons les cafetières italiennes à vendre, demandons le prix, c’est cher, mais George va quand même peut-être en acheter une. Tout d’un coup, Uma arrive comme elle était partie. Elle a  5 ou 6 pochettes qu’elle pose joliment sur le comptoir. Elles sont toutes différentes. Je lui dis:
– « Elles me plaisent beaucoup, tu les vends? »
– « Oui »,
– « Combien? »
– « 2 dollars. »
J’en achète deux, George une. En 5 minutes, elles étaient toutes vendues et signées par l’artiste.
– « Puis-je prendre une photo de toi, en souvenir de ce moment? »

J’avais oublié. C’est mon jour de lessive. En allant à notre laverie commune, je croise Pamela:
– « J’ai vu que tu étais partie « lessiver », mes affaires sont encore dans le séchoir. J’arrive. »
Je suis en train de lire. La lessive se fait. On se met à discuter peinture. Elle veut parler de la guerre Mais elle ne sait pas par où commencer. Trop de strates, trop d’approches possibles et puis comment faire pour que les gens soient touchés, décident de refuser que les interventions armées américaines continuent…  Peut-être avec des collages.
– « Romare Bearden, noir américain  fait de magnifiques collages. C’est en voyant ses collages que j’ai pensé à utiliser cette technique…. »

J’aime beaucoup ce que fait Pamela. Comme souvent du coup je me trouve éparpillée, pas assez articulée. En même temps comme hier avec les interstices, j’ai toujours un peu l’impression que les digressions, les détours  font partie des récits qu’ils soient écrits ou phographiés.
Je rentre avec ma lessive sèche, et me remets à l’ordinateur. Lassitude donc.

Vers 18h,  la fin de journée est trop belle, je pars faire un tour. Jeter un coup d’œil au Rio Pueblo pour voir à quelle heure le soleil disparaît au fond du canyon. Route vers le sud. Nuages effilés qui avec la nuit vont se désagréger, et ici aussi, cette curieuse impression que la rivière garde la lumière du jour en elle.

Phosphorescence argentée, ça doit pas être possible.

Bonjour, je vais au lit.

 

Continue Reading