88 – Tune Drive, la Directe, Manby Hot Springs, Adieux à la Lande et à la Morada, la Fenêtre

 

SOFT SHOULDER, j’aime toujours  cette expression qui continue de me surprendre, chaque fois que je la croise. « Epaule tendre ». Non,  « accotement non stabilisé ». Ne pas s’y abandonner.

Fin d’après-midi, je prends la Tune drive, comme m’ont expliqué Adrienne et Leaf pour trouver les Manby hot springs, un peu plus bas sur le Rio Grande dont ils m’ont parlé dimanche.

Après la très longue piste, j’arrive au chemin qui descend vers la rivière. Je me perds et prends « la » voie  « Directe » qui dégringole à pic dans une sorte de chaos de roches avec stations ombragées et sablonneuses.
Arrivée presque en bas, je ne vois toujours pas les Manby hot Springs. et abandonne d’y aller. Trop tard.
Remonte en prenant mon temps, c’est plutôt de l’escalade très facile que de la marche, mais j’aime bien ça.
Et trouve, en passant un peu plus à droite le chemin qui continue en pente très douce. Les sources sont probablement plus en aval. J’irai, si j’ai le temps, un matin avant de partir.
En rentrant je passe devant cette maison eartship, puis les double wide.

Comme toujours la lumière passe assez vite du bleu au rose tendre presque déchirant sur le cimetière.
La lande, la morada. Heather qui part demain, en revient. On parle 5 minutes. On s’embrasse, on se quitte.
Je marche dans l’odeur de la sauge, des pins pinions et des genévriers devenue familière, comme le sont la ligne des crêtes au fond, la croix noire de Georgia O’Keeffe, et la blanche sur la Morada, la rectitude du sentier, les replis du terrain, le rouge craquelé de la terre.
Juste le vent inconnu encore de ce soir de printemps pour adoucir le nevermore.
Toutes les dernières fois se succèdent. Ça fait drôle.

Cette maison est sur le chemin qui longe le cimetière.  La nuit tombée, en repartant, je voyais sa lumière dans la nuit. Une femme lisait ou marchait, effaçant le feu dans la cheminée dans ses allers et retours. Ce soir, il y a aussi un homme.
Chaque fois je me demandais quelle était la vie de cette femme. Avait-elle choisi d’habiter si près du cimetière ou était-ce une maison de famille? Vivait-elle seule? Cet hiver, la fumée ajoutait à mon impression d’une chaude chaleureuse maison.
Malgré mon envie, jamais frappé à la porte.
En rentrant, je dîne seule. Porc au gingembre, à l’ail, au soja et riz blanc.

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