90 – Sand Dunes, Zappata Falls, les Chevaux, Rio Grande dans la Plaine, Mesas, Orages

6h20,
Départ pour les Great Sand Dunes au nord de Taos, dans le sud du Colorado. Avec Cécile en 2006, on les avait aperçus au loin, sans s’arrêter. Jean-Marie Douau m’a parlé des 2 rivières qui les bordent: au sud le Medano Creek et le Sand Creek au nord. George propose de venir.

Vides la Highway 64 jusqu’à Tres Piedras, et la 285 jusqu’à Alamosa, on roule vite, juste un arrêt pour l’essence et un café.

Rosies par le jaune si pâle de l’herbe, les dunes bientôt, étales aux pieds des Sangre de Cristo Mountains.

Echappés en douceur des montagnes, les nuages avancent. Gigantesque ouate en mouvement.
Au Visitors Center un film explique le cycle infini des dunes, étranges d’être ici, de l’eau, du vent, du sable. Quand on sort, vent glacial. On marche un peu vers l’eau que j’avais vue de la fenêtre du Visitors Center, mais elle s’amoindrit au fur et à mesure qu’on avance. De près c’est un mince filet qu’absorbe aussitôt le sable. Trop tôt, la fonte des neiges commence juste.

On décide de se rattraper avec les Zappata Falls. Le nom déjà est enthousiasmant! Route, piste et sentier. Ça monte pas mal. Elle est où la rivière? Là, une coulée de glace sort de la montagne.

Je monte sur la glace et avance. La voilà, absolument silencieuse, l’énorme chute glacée. Soudain juste après un détour, le fracas de l’eau. J’essaie d’avancer mais le sol très en pente et une légère pellicule de glace fondue rendent tout horriblement glissant. Je ne la verrai pas cette eau que j’entends si fort!

George fait le tour par dehors pour essayer de la voir d’en haut. C’est un sentier qui monte vers un lac avec des vues sur les magnifiques sommets autour et la plaine à l’infini: au premier plan en bas les dunes de sable, et sur les flancs de la montagne en face de hautes prairies claires, presque jaunes dans le vert sombre des sapins et le gris des autres arbres.

Le chemin ne s’approche à aucun moment du haut des chutes. On redescend. Pique nique rapide.

Le donut, inévitable achat dans cette boutique de station service, bazar, super marché de l’essentiel. A la caisse, devant nous, un grand type magnifique genre pionnier de cinéma, en long short sur lequel George fait une remarque et il lui répond qu’hier il faisait très chaud et qu’il s’est aperçu en sortant ce matin qu’il faisait bien froid et que oui il devrait savoir depuis tout le temps qu’il habite ici, non ça n’allait pas forcément se réchauffer, en plus le vent s’est levé froid et violent, et il était déjà parti, heureusement, il avait sa canadienne bien chaude dans la voiture et tout ça avec des yeux complètement limpides, en rigolant et une tête à peindre et l’allure aguerrie de quelqu’un qui vit toujours dehors. Je lui ai bien dit que cela me plairait de le photographier avec sa veste et son short mais il n’a pas eu l’air du tout d’avoir envie.

Dans un des petits villages où on passe il y a un mini office de tourisme, on a lu quelque part, que sur la petite route qu’on allait prendre, y’avait plein de trucs à voir. J’entre dans le bureau assez sombre et j’entends le bonjour venu de derrière la porte qui, tant qu’elle n’est pas fermée, cache une vieille petite dame à son bureau en train de tranquillement tricoter. Je lui demande: « Alors la 142, là qu’est-ce qu’il y a à voir? » Grand silence étonné. « Vous allez où? » Je répète ce qu’on a vaguement lu et elle: « Ah non, je ne connais mais pas du tout. Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a à voir sur cette route. Vous feriez mieux pour aller à Taos de prendre par Questa. » En regardant les dépliants au fond, j’en trouve un qui parle justement des églises, des pétroglyphes… le long de la route qu’on va prendre. Elle regarde et me dit: « Ecoutez, moi je ne vois rien de rien sur cette route mais allez-y vous me raconterez. »

On prend la petite route qui passe dans la haute plaine, les mesas et sur le Rio Grande. Magnifique. Je descends jusqu’à la rivière pour prendre des photos et là 4 chevaux arrivent au galop, ralentissent, s’arrêtent juste en face, sur l’autre rive, me regardent, boivent, marchent dans l’eau. Des oies sauvages approchent. Merveilleusement tranquille. Ils repartent en galopant vers la mesa à droite, avec une maison au toit rouge, en haut. On n’a rien vu d’autre. Elle avait raison la dame.

Le reste du retour se fera dans une lumière d’orage tout autour. Nous serons épargnés par la pluie jusqu’à la fidèle 64.

En rentrant je trouverai un triste message du type aux lamas. Il est mort mais tous les autres vont très bien. (cf. 8 avril 2010, Little and Big Arsenic Springs). La pluie en souvenir.

 

 

 

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