97 – Neige, Visite à la Maison Rouge, Repas à l’Outpack, le Pick Up de Caryn, Dernier Soir à Taos

Neige et grand froid, juste quand je suis à nouveau dehors sous le porche de la bibliothèque, à regarder mes mails en soufflant sur mes doigts!
Sirènes en ville, ça a l’air grave. Le nuage arriverait-il ici? Justement Robbie vient de m’envoyer d’extraordinaires photos d’Islande.
Drôle de prolongation, tout le monde part et c’est comme si j’avais programmé mon temps ici. N’ai plus vraiment la tension pour continuer à photographier.

La neige fond. Pars vers Gusdorf rd pour trouver les habitants de la maison rouge, sous l’arc en ciel et leur apporter la photo. N’arrive pas à trouver la route qui mène de l’autre côté, à l’entrée de la maison. Un piéton, indien évidemment, de l’autre côté de la rue, je lui fais signe de la voiture. Il s’approche. Je lui explique, aucune réaction, j’ouvre l’enveloppe que j’ai préparée, lui montre la photo, lui redis que je veux la donner aux gens dans la maison rouge. Tout s’éclaire. « Faire demi tour, à droite, là-bas vous voyez la maison arrondie, encore à droite, juste après et vous prenez la piste.

Sur la piste, plus de maison rouge. Une voiture avec un couple jeune, indiens aussi arrive en face. Je leur fais signe et demande: « Vous ne connaîtriez pas les gens qui habitent dans la maison rouge qu’on voit de Gusdorf rd? » Silence. Lui, lève les sourcils, « Non. » Leur tends la photo, ajoute que je veux les trouver pour leur donner la photo, ils regardent, sourient et expliquent: « Juste là, les caravanes qui servent d’appentis, le champ avec les voitures, la maison est entre les deux, mais de ce côté elle n’est pas rouge. Super votre photo, ça va leur faire plaisir. « Voilà la maison, une  « singlewide » comme on dit ici. T’as aussi les « doublewide », double largeur, ce sont les maisons à roulettes. Sur le côté les bagnoles en panne, le bois etc… le bric à brac gigantesque et coutumier. Comme Jacky, tout peut servir. Le chien aboie mais apparemment attaché.

Je frappe à la porte, entre. Une femme indienne allongée sur le canapé. La jambe enflée, une croûte rouge. Une table basse à côté sur laquelle une petite fille est penchée, en train de dessiner. Son grand-père, à droite, se lève et vient vers moi. Les deux adultes sont stupéfaits: Qu’est-ce que je peux bien vouloir? La télévision au fond allumée. La pièce toute petite. A nouveau je leur dis l’arc en ciel, la maison rouge… Ils regardent, leur dis que je leur donne la photo. Ça y est, on se parle. Me demande d’où je viens. Nice, sud de la France. « Ah il me semblait bien, j’ai un livre qui vient de France, je crois, je vais le chercher, vous allez me dire… » OK. Il apporte le livre me montre. « C’est un livre édité à Paris, par Plon sur comment apprendre la politesse aux enfants. »  » Ah oui c’est ça, ça m’énervait de pas savoir de quoi ça parlait,  c’est mon père, il avait récupéré un lot de livres en français. Il ouvre les autres me les tend, ils sont tous du début du XXème.

Je demande à la femme ce qui est arrivé à sa jambe. » Un chien qui m’a mordue. Ah! je mesure ma chance d’avoir échappé aux chiens de garde que j’ai croisés. Tous ne sont pas aussi bien dressés. Oui, elle a bien montré sa jambe à un médecin, et: « ils m’ont donné des antibiotiques et je dois retourner les voir. » J’insiste: « Il faut pas oublier. Vraiment y aller. » « Oui oui! ».  On se serre la main. Au revoir.

A 17h00, rendez-vous avec Caryn et Mark au « Outpack » pour un dernier dîner. On va passer 3 heures à refaire le monde de l’Europe aux Usa, de leurs filles aux miennes, de l’école qu’a créée Caryn à mes projets photo, du disc-golfing à la musique, des initiatives de la NEF aux nouvelles communautés de Détroit, …

On s’étreint, derniers hugs. Et puis ils sont montés dans le pick up cabossé et bleu ciel de Caryn. Elle avait essayé pendant 10 ans de l’acheter à un de ses amis qui le lui a finalement donné. Souhaits de bonne continuation. Signes de main, salutations qui s’éloignent. Continuerons-nous à parler de tout entre Pierrefeu et Taos?

Boucler les valises. Demain matin je pars à Albuquerque.
Dernier soir. Une certaine mélancolie.

4 réponses

  1. wao, t’es allé ! quelle expérience ! – je comprends leur stupéfaction de te voir venir – et je suis très contente que la photo ait plu.

    1. Merci d’avoir insisté. Une rencontre, courte mais il se passe toujours quelque chose, un échange, des sourires. On se parle, on se serre la main. Un plaisir à chaque fois.

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