98 – Toutes les Dernières Fois, Los Alamos, Jemez Mountains, Springs, San Ysidro, Zia, Santa Ana, La chambre à Albuquerque

Ultime visite à Michael, qui me dit: « Marie, à la prochaine… » On s’embrasse.

Mettre les bagages dans le coffre !
Prendre la route, comme d’habitude, même si…

Au loin le Rio Grande à l’abri dans son canyon.

 

 

 

A Pilar je ne résiste pas et tourne à droite. Au printemps revoir la rivière sous les arbres qui ont viré au vert tendre, et le rouge des saules paraît un peu plus pâle sur le gris rouillé de l’eau.
En ce samedi, les kayakeurs glissent sur le courant, plus bas les remous, les rochers. Attendre qu’ils passent et re-photographier ma rivière solitaire. Un geste pour marquer le moment, et tous les autres avant.

Avant Espanola, je tourne à droite passe dans Ohkay Owingeh et continue le long de la Chama River.

 

 

 

 

Ensuite l’inconnu des Jemez Mountains, par la HW30, pour aller à Los Alamos (Premiers essais nucléaires!), il fallait bien une High Way, qui donne la mesure de ce qui s’y fit et du lieu de recherche que c’est devenu. Impressionnant même si j’évite d’entrer dans la ville.

La route 4 maintenant, taille habituelle, nids de poule et tournants serrés, qui monte sec dans les sapins et les bouleaux. A nouveau cette sauvagerie à 2 pas de la plus haute technologie, les canyons immenses, la forêt à perte de vue.


Tout en haut, on découvre d’un coup une cuvette volcanique qui annonce les sources chaudes le long de la rivière Jemez, qu’on suit en partie quand on redescend côté sud.

Traversée de la petite ville de Jemez Springs avec ses établissements de bains puis encore plus loin, ces bassins d’eau chaude, où il fait bon se baigner en toute gratuité. Quand je retrouve la plaine il y a à un croisement un pont sur une rivière charmante.

 

Je descends prendre quelques photos, un mobile home s’arrête, le conducteur m’appelle, je pense qu’il veut me demander un renseignement, sourire intérieur à l’idée de ma probable ignorance. Il s’agite beaucoup, hilare, heureux. « Ah je vois vous êtes photographe, alors 10mn, madame, 10 mn… » Je le coupe: « Je dors à Albuquerque c’est encore drôlement loin il faut que je trouve l’hôtel, le soleil est presque couché… » Il m’interrompt: « Non, non, vous devez prendre le temps, 10 mn pour aller au bout de cette petite route dont je viens. Vous ne pouvez pas rater ça, vous verrez, après le tunnel, vous regardez, c’est tout. » Je lui souris, « d’accord! ».
Il démarre, enchanté de la beauté encore en lui.
Je finis mes photos avec sténopé, maudis mon départ trop tardif de Taos.

 

Et prends la petite route. Traverse un de ces nombreux hameaux du Nouveau Mexique mi- abandonnés, mi-habités de gens qui vivent de presque rien. La beauté partout autour d’eux. Est-ce moins dur?

 

 

 

 

 

 

Juste avant le tunnel,
il y a la mesa que j’ai longée tout à l’heure sur l’autre route,
mais sans la voir comme ici dans sa rouge draperie, splendeur soudaine à la sortie du tournant.

Après le tunnel, la rivière qui coulait tranquillement dans la plaine, entre les hautes herbes ou les arbres, se transforme en un torrent brun, tumultueux, écume éclaboussante, qui dévale dans les énormes blocs entre les parois resserrées du canyon.

J’y reste plus d’une heure (comme je le redoutais) à regarder, à photographier .

 

 

 

 

Le soleil a disparu.
Je retrouve la grande route qui traverse mesas et villages indiens jusqu’à Albuquerque.

 

 

 

De temps en temps une échappée encore ensoleillée.

C’est joué, d’ailleurs je le savais en partant, j’arriverai dans la nuit avec mon plan approximatif… comme d’habitude. Cela a été encore une longue journée somptueuse…

Ma dernière nuit en Amérique et je pense à toi (comme souvent, ici et ailleurs d’ailleurs) car la chambre te plairait énormément.
Je pars demain, avec une semaine de retard.

Taos, c’est fini.

 

 

 

1 réponse

  1. ah la bonneheure.. la photographe qui décrit tant de beauté, pense à un humain qu’elle voudrait voir ds sa chambre… le retour ramène à la réalité c’est pour cela que les départs
    st productifs. j’ai dit au revoir avec toi à tous ces végétaux, aux animaux et qques personnages qui ont charmés mes soirées, te revoilà saine et sauve parmi les tiens.

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