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A Nice, on revoit les films de John Ford, d'Anthony Mann, ceux d'Howard Hawks et de Sam Peckinpah.
A Roissy, sur les tapis roulant bientôt volant, on est déjà ailleurs.

Après 16 heures d'avion, on aperçoit
dans un moment sans nuages, derrière la brume du hublot,
le Colorado.
Las Vegas où nous atterrirons n'est plus très loin.

Aller chercher la voiture louée, quitter Las Vegas et ses palmiers
qui se répondent dedans, dehors et sa démesure que nous gardons pour le retour.
Impatience de la route, départ vers Kingman où on dort cette première nuit.
Le lendemain, petit déjeuner devant le décor "route 66".
Celle que nous allons prendre et qui déclinera son propre mythe.

Rouler vers le Grand Canyon.
Tout de suite il y aura les camions, le train de Santa Fé,
et le vert argenté ou éteint, selon le ciel, de l'armoise, du génévrier,
et, la tumbleweed, cette graminée, qui, poussée par le vent, roule à l'infini.

Petite escapade sur une route qui devient vite une piste.
Les Indiens, nous sommes pourtant chez eux, nous ne les voyons pas, mais les chevaux qui leur appartiennent sont là, libres.
On ne pourra pas arriver au grand Canyon par ce chemin de traverse.
Une barrière que nous n'oserons pas ouvrir, et nous retournerons vers la route 66
avec la moto qui passe, juste quand il faut, rendant le moment parfait.
Au supermarché du village, cette affiche : "S'il vous plaît, votez pour mon père, Charlie Vaughn.
S'il s'occupe si bien de moi, il saura s'occuper de notre tribu."
Amy Vaughn, Stevie Vaughn & Samantha.
Nous arrivons quand le soleil se couche sur le Grand-Canyon
et son immense complexité faite de tous les "petits" canyons qui s'y retrouvent.
On a beau en avoir vu des photos on n'imagine pas ses innombrables plis et replis. 
Et le Colorado, aperçu de l'avion doit être là, tout en bas, tout au fond.
Il doit couler mauve de nuit dans cet immense sillon qui semble être le fil conducteur de ce lieu.
"Lever de soleil, couleur blanchâtre"
"On ne comprend pas.
Changement de couleur incessant....
étrange et grandiose."

A 9h, rendez-vous pour survoler le Grand Canyon en hélicoptère.
D'ailleurs les bras écartés, on s'y croit déjà.
L'ombre nous le dit

On monte dans l'hélico, on rigole et... bientôt ça va balancer.
Mais une fois au-dessus, ou dedans, on ne sait trop comment dire, ça devient formidable :
le Colorado, ruban pâle, la complexité des massifs que divise l'érosion millénaire,
les couleurs de la terre avec ou sans végétation.
"Cela fait dix millions d'années que le Colorado travaille, ronge, desquame, écaille, délite,
décompose, et enfin brise, couche après couche, la pierre, de sorte que plus il s'enfonce dans le canyon qu'il creuse, plus il révèle l'ancienneté de la terre, nous dit Yves Berger dont l'amour pour ce pays nous accompagne dans ce voyage.
Retour au sol,
étrange après l'impression d'oiseau contemplatif que nous avons eu un temps.
Video ergo sum.
Nous sommes tous fascinés.
On décide de rester encore un peu. Balade, repas, photo, peinture.
Les nuages viennent ajouter à la complexité du spectacle.
Corbeau qui rappelle à l'ordre (de la réalité ?).
Croasse dans ce silence.
Dont le noir annonce le spectacle qui va suivre ?
Et puis en allant vers le nord, à nouveau la vue sur le Grand Canyon, immuable.

Il s'éloigne.
Travelling arrière. Fin.

On le quitte lui et son architecture inversée. Inscription en creux dans la terre.
Mais les nuages nous suivent. On retrouve un espace à l'endroit avec les roches qui se dressent....

... les collines qui s'étirent et les habitations des Navajos,
leurs hogans aussi que nous verrons dans plein de matériaux :
troncs, branchage ou multiplis, plastique, métal, brique de béton...
marie baille photographe, the blog