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Pétra
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Carnets  Pétra
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A 300km au sud d'Amman, nous sommes à l'entrée de Pétra.
Au réveil, à peine aperçu derrière le rideau de notre chambre,
imprécis, blanc sur vert, un cavalier passe.
Pour arriver au Siq, le défilé d'environ 2 km qui mène à la ville et aux tombeaux,
on passe devant ces cavaliers et ces chevaux.
Par temps blanc, soleil absent en cette saison d'hiver,
Pétra nous montre sa douceur.

T. E. Lawrence écrivait en février 1914 :
"Pétra est l'endroit le plus magnifique du monde, non pas à cause de ses ruines (...),
mais pour la forme de ses murailles rocheuses, de leurs flancs escarpés, de leur faîtes ;"

...aussi pour la magnifique gorge qu'on y voit, où coule toujours une abondante eau de source et qui est pleine de lauriers-roses, de fougères et de lierre, tout juste assez large pour le passage d'un chameau et longue de trois kilomètres...

...Mais j'ai lu quantité de relations écrites en termes admirables qui ne te donnent absolument aucune idée de ce que c'est, et je n'écris pas mieux qu'eux, tu ne sauras donc jamais à quoi ressemble Pétra, à moins que tu ne viennes par ici. Tant que tu n'auras pas vu ça, tu n'auras pas la moindre idée de ce qu'un endroit peut être beau !"

Là, il ne reste que les quatre pattes d'un chameau et une trace de ses flancs sur la roche derrière,
et pourtant on croit voir le geste du chamelier tenant la longe.
Avec son manteau et son pas gracieux, cet homme auquel il manque le visage,
m'évoque une visitation.

L'effacement dû à l'érosion humanise ce lieu, rendant palpable le passage du temps ?
adoucit les couleurs des roches. Et cet escalier on l'imagine des milliers de fois foulé.
Devant, ce sont les restes de pavages romains, autre strate d'une autre culture.
Façade monumentale de la Khazneh,
un des grands tombeaux de Pétra.
Impressionnant d'avancer dans cette ville où se mêlaient la mort, rendue visible par les immenses façades des tombeaux et la vie, qu’on imagine, des marchés, des thermes, des temples, du théâtre, des habitations.
T. E. Lawrence encore : "Pétra est l'endroit le plus magnifique du monde pour la couleur de ses rochers,
tout rouges, noirs et gris, rayés de vert et de bleu, en petites lignes zigzagantes, ..."
Une partie de la ville est encore enfouie.
En montant au tombeau de l'Urne,
on découvre l'immensité du site.

Le chamelier passe,
nous retournons sur nos pas,
regardons encore,
quittons Pétra.

De la voiture, nous apercevrons les murailles rocheuses qui l'ont protégée des envahisseurs. Et sans elles, peut-être aurait-elle disparu, effacée par les vents, empêchant J.L. Burckhardt de redécouvrir la cité nabatéenne en août 1812.
marie baille photographe, the blog