5- Helene Wurlitzer, Liberté du Rien Faire, le Temps, les Autres Artistes

Réveil ensoleillé, dehors il glace, ça brille.
Etrangeté d’être ici, loin de ma vie française et étrangère à la vie américaine. Sans intention d’insertion,  3 mois c’est court.

Hélène Wurlitzer a donné sa maison et sa fortune pour que des artistes puissent vivre un temps libre de tout.
Absolument libre de dormir, de travailler, de lire, de me balader, de prendre ou non des photos. Une liberté  qui prend vraiment forme comme une crème ou une sauce prend, dans un lieu et un temps consacré à cela.

Et la présence de 7 autres personnes, qui partagent le même immense privilège, renforce encore la prise.

 

 

Chacun dans sa petite maison, toutes différentes, avec des espaces communs où on peut faire connaissance. Arrivée jeudi dernier, ai rencontré une peintre et deux écrivaines. N’ai vraiment parlé qu’avec Carolyn. J’aime assez cette prudence et suis entre autres très curieuse de voir comment les relations vont s’établir. Réunion générale jeudi prochain autour d’un café !Je perçois déjà comme il sera peut-être déstabilisant d’avoir l’autorisation officielle d’aucune obligation.
Cela débouche sur des questions du genre : que suis-je venue faire ici, que vais-je tirer de neuf de ce morceau de vie. Cette « vacance » va-t-elle permettre d’aller dans des directions dont je parle souvent sans y aller justement…

Je pressens la peur qui pourrait venir à l’idée que rien ne sorte de tout ce temps dont nous disposons entièrement. En arrière plan, l’éventualité de repartir sans que rien n’ait eu lieu. Probablement pour ça que j’écris tous les soirs quelques lignes et me re-passe les photos prises.

Il sera aussi particulièrement précieux ici, à l’opposé de cette inquiétude latente du faire, de laisser le temps au temps. La banalité des jours passés qui me saute aux yeux quand je re-lis et re-garde ce que j’ai fait, ne me déplait pas.
Grâce à la  neige?  Elle gomme les reliefs, les traits saillants, les couleurs, toute excentricité. Elle ramène au plus simple déroulement des jours, transforme le monde balisé en territoire inconnu : blanc étincelant au soleil ou étouffé par un ciel plus gris, et silencieux.

Jusqu’à la nuit cotonneuse.

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Un commentaire

  1. Une petite note que j’ai oublié d’écrire dans mon mail:
    En lisant un de tes commentaires/notes sur le fait de ne pas devoir « faire » mais plutôt de se laisser faire, de laisser venir les choses, j’ai pensé à ce que disait une amie il y a quelques semaines sur son travail de recherche (elle écrit un mémoire): elle se rendait compte qu’elle essayait de tout faire, tout organiser, gérer, et au bout d’un moment elle s’est rendu compte que cela n’était pas suffisant pour que tout aille dans la direction qu’elle voulait, ou que ça porte des fruits, comme elle l’aurait souhaité. Elle a alors commencé à laisser faire au lieu de faire. Ce qui ne veut pas dire être dans l’apathie et l’absence de mouvement! C’est plutôt comme devenir les instruments, ou plutôt les interprètes, d’une source jaillissante, d’une énergie, une vie qui est déjà là, et qu’on peut laisser fluer en nous ou pas.
    Je vais me coucher avec ces petites pensées confuses,
    Anna

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