42 – Elections à Taos, les Chevaux d’Arroyo Seco, Rachmaninof sur le piano d’Helen Würlitzer et les sculptures de Patrocito Barela

Les élections se préparent.

Passe à la bibliothèque échanger des livres et rendre le film de Diane Kurys sur George Sand et Musset. Ça me donne envie de lire Les confessions d’un Enfant du Siècle. Une tirade d’On ne badine pas avec l’amour, dans le film. Mais je l’ai dans l’oreille dite par Gérard Philippe au TNP: – « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égoût sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : “ J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.”
– « Tu vis. La question n’est pas de savoir si c’est pour ton plaisir ou pour ton malheur, et d’ailleurs qui la résoudrait ?Tu vis, tu respires et le ciel est beau. », répond George Sand

Arroyo Seco, les chevaux sont dans les prés, la neige fond un peu, les corbeaux se réunissent, planent, se parlent.

J’écoute le vent, l’eau du ruisseau, des cloches au loin, des pas derrière moi, une fille qui se balade, le crissement de mes pas dans la neige entassée près des clôtures, un hennissement, là-bas devant la ferme, 2 chiens qui aboient de plus en plus énervés, par quoi?
Je vois l’oiseau sur la croupe du cheval et le pommelé gris tellement beau au loin, dont je m’approche et qui a une large blessure ensanglantée à l’encolure; il vient jusqu’à la barrière, il reste de l’autre côté, sur le territoire des Indiens du pueblo. Je lui parle un peu. Je pense à Cécile qui aurait su et fait quelque chose. Moi rien. Regarder toujours.

Il est 1h, je rentre, quitte le cheval. A 14 h on a rendez-vous chez Hélène. Lera nous joue un prélude de Rachmaninof sur le piano légèrement désaccordé, il a besoin qu’on joue dit Lera et elle raconte ensuite que dans les partitions de la maison qu’elle a empruntées, il y a des transcriptions pour piano des chants et musiques du pueblo. Certains très transcrits et occidentalisés, d’autres qui lui semblent plus fidèles aux originaux et elle nous en chantent 2 mesures étranges (ères). La visite continue.  J’écoute assez distraitement sauf toucher les personnages en bois sculptés de Patrocito Barela. Aucun succès au point que ses sculptures alimentaient parfois le feu qui réchauffait ses enfants et sa femme. Aujourd’hui qu’il est mort, celles qui restent se vendent bien.

Michael nous dit que cette bibliothèque où nous sommes est à notre disposition, consultation sur place. Je reviendrai, plein de livres d’art, romans,  des biographies de gens d’ici, des livres anciens dont une collection de livres Français (Voltaire, Rousseau, etc…), tous empaquetés de blanc pour protéger leur fragilité. Ils ne semblent pas reliés, les titres ont été écrits à l’encre, écriture élancée de nos grands-parents.

Retour à ma casita, à mon désordre, à mon immense tranquillité.

Ah! Liz frappe, je l’emmène « shopper » chez Smith et à notre retour nous trouvons Carolyn assise devant la porte, l’ordi sur les genoux, l’enveloppe avec sa pièce traduite en Français que je dois corriger. Thé et commentaires de la soirée de la veille à 3. Liz s’en va. On continue la discussion avec Carolyn sur l’écriture et au diable la littérature. On dîne, je travaille un peu, trouve un mail de Lera avec l’adresse du blog où elle publie de temps en temps. Je vais voir, articles sur des musiciens ou plus autobiographiques. J’en lis quelques uns. Le souffle du poêle à gaz. Sa chaleur à mes jambes, vous vous souvenez je suis dans mon fauteuil vieux rose, une voiture dehors, la radio à fond, elle passe. Je vais dormir.

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