46 – L’Espace du Dedans, Conversation, Musique, Lecture, la Venise de Robbie Steinbach

Aujourd’hui j’ai décidé de faire un break. Lecture, musique.

Lis le journal que Robbie a tenu pendant sa résidence à Venise. Avec plein de photos dont certaines que j’aime beaucoup. Et la liberté d’un temps offert sans obligation aucune.

Une très longue conversation avec Pascale et maman sur Skype. Pascale me redit que Pierrefeu ça avance et que demain des amis vont voir la pièce que joue Félicie. Je lui parle d’Ed Abbey qui devrait beaucoup lui plaire, maman de la tempête qui vient de ravager les côtes entre la Bretagne et Bordeaux, je raconte mes rencontres, etc…

En fin d’après-midi j’emmène Liz chez Albertson, on rentre avec un magnifique ciel gris bleu, pourpre, mauve, rose, vous ne le verrez pas car pour moi aujourd’hui il n’y a que l’Espace du Dedans.

C’est un titre d’Henri Michaux, très souvent repris. Je ne résiste pas a la tentation de la citation:
« Dans les livres, il cherche la révélation. Il les parcourt en flèche. Tout à coup, grand bonheur, une phrase… un incident… un je ne sais quoi, il y a là quelque chose… Alors il se met à léviter vers ce quelque chose avec le plus qu’il peut de lui-même, parfois s’y accole d’un coup comme le fer à l’aimant. Il y appelle ses autres notions: «venez, venez». Il est là quelque temps dans les tourbillons et les serpentins et dans une clarté qui dit «c’est là». Après quelque intervalle, toutefois, par morceaux, petit à petit, le voilà qui se détache, retombe un peu, beaucoup, mais jamais si bas que là où il était précédemment. Il a gagné quelque chose. Il s’est fait un peu supérieur à lui-même. Il a toujours pensé qu’une idée de plus n’est pas une addition. Non, un désordre ivre, une perte de sang-froid, une fusée, ensuite une ascension générale. Les livres lui ont donné quelques révélations. »
ni à celle de l’énumération de titres de ses livres, sorte de navigation surréaliste:
Jubilation à l’infini de la disparition des disparités, Les Rêves et la Jambe,  La nuit remue, Sifflets dans le temple, La Ralentie, Plume, Au pays de la magie, Arbres des Tropiques, Je vous écris d’un pays lointain, Exorcismes, Labyrinthes, Le Lobe des monstres, Épreuves, exorcismes, Ici, Poddema, Ailleurs, Meidosems, La Vie dans les plis, Arriver à se réveiller, Tranches de savoir suivi du Secret de la situation politique, Face aux verrous, Quatre cents hommes en croix, L’Infini turbulent, Paix dans les brisements, Vigies sur cibles, Connaissance par les gouffres, Les Grandes Épreuves de l’esprit et les innombrables petites, Façons d’endormi, façons d’éveillé, Droites libérées, Émergences-résurgences, En rêvant à partir de peintures énigmatiques, Face à ce qui se dérobe, Poteaux d’angle, Comme un ensablement

Musique, un autre espace du dedans. Ecoutons: John Surman.

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4 commentaires

  1. Coucou Marie, l’espace du dedans au milieu des grands espaces que l’on (d)écrit ensuite sur l’océan quasi illimité du net. Robinsonne dans son île de terres infinies ?

    1. Oui, finalement c’est ça et ça me fait penser photographie du dehors, écriture du dedans. Mais ce n’est pas non plus vraiment comme ça l’écriture réagit du dedans sans cesse au dehors et la photographie est souvent réaction du dedans au monde du dehors. Bref comme j’aime on s’y perd. Brouiller les pistes ou laisser ses empreintes? Des empreintes ily en a eu beaucoup. J’avais commencé des catégories genre littérarure, musique et j’au tout supprimé. Montait en moi un grand ennui à ces classifications si impersonnelles. L’idée me vient de 2 catégories plus rigolotes: « empreintes, traces » et « photo floue ». D’autres naîtront peut-être plus tard.

  2. « Le cinéma, je sais bien pourquoi je l’ai adopté… Pour qu’il m’apprenne à toucher inlassablement du regard à quelle distance de moi commence l’autre ». Robert Kramer.
    Jacqueline

    1. Ouah! (à l’américaine), en voilà une belle phrase qui dit en un clin d’oeil la distance infinie et la proximité, toute la difficulté de n’importe quelle relation humaine. Tu me verrais je tape d’un doigt avec tartine de miel dans l’autre. Prudence, le clavier à accents, spécial écriture tremble. Je me régale. Avec les relations informatiques (ives), comment dit-on déjà? virtuelles. Bien trouvé le mot qui me fait penser à vertu, oui en passant par le net, pas trop de problème de distance. On reste en général à (la bonne) distance. ce qui implique la vertu et le côté safe de tout ça. Le cercle vicieux pourrait commencer à tourner quand les corps s’approchent?

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