52 – Salon de Coiffure « in », Tournevis, Imprécations, Soleil et Roches au Rio Grande

Somptueuse journée ensoleillée.

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Ce matin rendez-vous chez le coiffeur branché de Taos, en face du musée.

Quand j’avais vu cet endroit en me baladant le soir, je l’avais trouvé magnifique, des tableaux qui me plaisaient, de beaux meubles, pas de lumière blafarde, un espace ouvert mais plein de recoins et donc une certaine intimité, chaque personne plus ou moins séparée des autres par un angle ou un bout de paroi, une atmosphère tranquille quand j’étais entrée me renseigner. Donc m’y voici et oui c’est exactement comme j’avais imaginé. Je peux même me regarder dans la glace et la fille qui me coupe les cheveux, enceinte de 8 mois, très paisible. Quand elle me demande ce que je veux et que je réponds comme vous pensez, pas du tout désarçonnée, d’accord me dit-elle. En sortant, inutile de tout défaire et secouer en tout sens, la coupe est, je crois, très jolie!

Alors quand même vous dire que c’est le salon de coiffure où Julia Roberts vient. Elle a un ranch à côté. Encore Liz,  toujours au courant de tout qui m’en a parlé, et « Marie tu devrais demander le prix avant de prendre rendez-vous. » Ce que je n’ai évidemment pas fait. Grace à Dieu, juste avant de partir pour le rendez-vous, elle m’appelle: « Marie je connais le prix, dans les 35-40 dollars. »  « Pas trop cher, » je lui dis « considérant que ça fait musée, salon de coiffure et on peut se regarder dans la glace. »

Après un déjeuner succinct, départ pour Chimayo. Eviter cette rue centrale de Taos à la circulation ininterrompue, du matin au soir et tous les jours de la semaine. Par diverses routes, macadam ou terre, en passant une fois de plus dans un quartier « suburbain », autre mais le même, grandes maisons roulantes, posées, et elles n’iront pas plus loin.

Puis la voiture police, les policiers en train de vérifier les identités de 4 types en pick-up, même scène sauf qu’aujourd’hui ils lèvent la tête pour voir qui passe. Rejoins la Highway 68 à Ranchos de Taos qui va au fameux sanctuaire de Chimayo, via Espanola. Dépasse tous ces endroits où on voit les gorges du Rio, oui le grand, mais vous vous souvenez ici on dit juste Rio, puis la descente, puis l’endroit où on peut rejoindre le Rio en voiture, puis cet endroit un peu plus élevé d’où on voit de la voiture, la rivière, le pont en bois, je descends. Première imprécation. Puis les petits rapides, les rochers.

Aujourd’hui beaucoup d’eau et de lumière. Je  prends quelques photos de la route. M’arrête sur un parking et m’approche du bord, ça a l’air très beau en bas. Plantes accrocheuses, buissons, pierres et rochers, cactus encore brunis par le froid et qu’on ne distingue pas bien. Sors mon sténopé, regarde d’où photographier, suis bien comme tout, tranquille dans toute cette beauté, tellement à portée. J’ai mon pantalon sans poche, ai laissé ma veste dans la voiture, il fait si bon. Au moment d’ouvrir l’obturateur manuellement, je m’aperçois que j’ai laissé mon mini tournevis en haut. Rage. Ça m’est déjà arrivé une fois, et pareil, c’était après avoir traversé difficilement ces zones assez inhospitalières. J’avais alors eu l’idée que les trucs qui restent sur les boites de bière ou de coca devraient très bien remplacer le tournevis, et de ces boîtes il y en a partout souvent un peu cachées mais en principe là où on peut s’arrêter pour pêcher. Donc je commence à regarder et en trouve 2, j’arrache le petit truc. Et avec, dévisse mon obturateur pour pouvoir le faire glisser et laisser entrer la lumière dans la boîte, revisse l’obturateur qui sinon, s’entrouvre et voile la pellicule, et enfin le jette dans mon sac. Je dois en avoir maintenant 5 ou 6 de ces mini tourne-obturateur, dans les différents sacs, pantalons, vestes, la voiture, mais apparemment pas encore assez. Je reste là tout l’après-midi à explorer cette partie rocailleuse et assez différente des autres endroits que j’ai photographiés. Chimayo, un autre jour.

Le soleil disparaît derrière la colline, il sera trop tard pour aller prendre en photo un autre endroit plus loin que j’avais repéré en allant à Santa Fe, là où il y a les grands arbres. Je rêvasse encore un peu, aperçois un pêcheur vais le regarder, il n’attrape rien. En remontant vois la deuxième inscription sur roche.

Repars pour Taos.

Coucher de soleil limpide sur l’immense plaine grise, buissons de sauge à peine verte, gris-bleu peut-être. Nuit arrive. Eblouissement, silhouettes fines, traces d’avion sur le noir de la terre. Effacer les imprécations ?

 

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