72 – Questions de Peintres, de Photographes? Earthships

Revenons à: LE, LES.

PARENTHESE d’abord: vous savez sur les murs des musées les explications, je les lis le plus souvent et si je ne les lis pas parce que je les trouve ce jour-là inutiles ou trop longues, toujours les admire, ces lettres soigneusement ou originalement écrites, j’adore. J’imagine la repeinture entre 2 expositions, la réécriture pour parler d’un univers à chaque fois singulier. Ou retrouve-t-on toujours un peu les mêmes mots à chaque fois? Le jeu serait alors de ne pas effacer les mots récurrents, et de parler d’artistes et d’œuvres différentes en gardant les pivots et en remplissant les mêmes vides (rigolo j’ai écrit vide, j’aurais pu mettre espace) avec d’autres mots. Je sens une œuvre conceptuelle possible, là.

J’ai lu dans une exposition ou dans un livre que Monet peignait pour d’abord capturer la lumière particulière à chaque heure du jour, chaque moment climatique, d’où ses séries. Que Cézanne lui, continuait la même toile à différentes heures du jour, sans se préoccuper de la lumière particulière à chaque moment, parce que son idée était que le tableau devait représenter l’essence de ce qu’il avait vu, dans une sorte d’éternité absolument indifférente à la lumière. Ce qui m’a plutôt à priori étonnée, sachant le nombre de Sainte Victoire dans l’œuvre de Cézanne. Et puis j’ai quand même pensé, c’est en en peignant plein qu’il arrive à une sorte d’essence platonique de ce qu’il a vu. Mais il les a toutes gardées, enfin, celles qu’on voit. Combien en a-t-il sacrifiées de Sainte Victoire, quand désespéré de ne rien vendre, il jetait ses toiles par la fenêtre?

Pour finir sur une note personnelle, photographique, très modestement – Ah! Le geste du peintre – c’est cette question qui m’intéresse n’en faire qu’une ou faire une série. Jusqu’à maintenant le mieux pour moi a été de travailler en série. J’aime justement non pas l’instantané mais les variations climatiques d’humeur, de pensée, de regard. Revenir au même endroit et voir ce que la durée ajoute ou soustrait. N’en ferais-je qu’une, un jour, LE jour?

Me voilà donc sur des routes que j’ai bien des fois empruntées, (merveille des termes) pour quelques clichés avec père et fils, rivière, chiens…

Quelques miles plus loin, il y a à droite un ensemble de vaisseaux-maisons, les earthships, sortis d’un récit de science fiction, sur la route 64 ouest, celle qui passe par le pont au-dessus des gorges du Rio… Grande, bien sûr.

Pour finir, retour aux clichés avec une série de routes qui se perdent dans des ciels occupés aux métamorphoses qu’ils aiment tant rejouer pour nous tous de la terre.

 

 

 

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