86 – Dragonfly, Millicent Rogers Museum, Two Graces, Depression Jewels, Dernier Apéritif

George m’invite au Dragonfly pour un rapide repas. Petit restaurant, peu de choix mais tout est bon et particulièrement, leurs délicieux gâteaux. Comme

Je suis tout près du Millicent Roger Museum. J’en profite pour le visiter. C’est un tout petit musée bourré de choses formidables:

Couvertures hispaniques et navajos, bijoux, poteries, vanneries, meubles, peintures, art religieux. Toujours émouvant de découvrir dans ces maisons-musées, la (ou le) propriétaire à travers ses choix. Ici tous les bijoux qu’elle a créés et fabriqués, ses outils, les vêtements qu’elle portait et qui furent à l’origine de cette mode d’un ouest urbain et chic à Santa Fe et Taos. Le détournement par des gens de la ville de vêtements d’abord faits pour la ferme.

Fonce voir l’antiquaire de Ranchos de Taos. J’avais visité son magasin, Two Graces, tout au début. Revois les magnifiques mocassins, les cadres boites en métal, les livres, les petits objets et les bijoux. Tombe sur un collier très particulier que je n’avais pas remarqué l’autre fois. Robert Cafazzo, co-propriétaire avec Holly Sievers, me demande si j’en ai déjà vu des comme ça.
« Non ».
Il m’explique alors:
« Les colliers comme celui-ci sont porteurs d’une part d’histoire du Nouveau Mexique: « Ils sont faits avec les « restes » d’un accident de train. Les Indiens du village de Santo Domingo ont récupéré le formica rouge des tables des wagons, les batteries, les disques vinyl, les bouts de plastique… et les ont utilisés pour compléter les pierres semi-précieuses qui leur manquaient au moment de la « Dépression ». On les appelle battery-backed jewels ou dépression-jewelry. Les collectionneurs d’aujourd’hui sont prêts à les acheter des fortunes. Surtout ceux faits avec les disques ».
– « Désolée, j’ai invité des amis. Il faut que j’y aille. Sûr que je reviens samedi. »
« Oui, mais pas avant 3h, je vais à l’enterrement d’une chère amie, potière, regardez les poteries là, c’est elle, Mary Beatrice Witkop. Elle est morte le 13 avril »

George et moi partons dimanche. Alors nous avons invité out le monde à un apéro, vin, olive niçoises, fromages, fruits,… On parle de tout et de rien, de ce qu’on pense de notre séjour ici. Certains le trouvent inutilement long, d’autres trop courts. On est tous d’accord pour dire que ce sont des conditions exceptionnelles pour créer. Seuls dans une casita et absolument libres de nos journées. Aussi la chance de rencontrer d’autres artistes, écrivain, peintre, photographe ou musicien

La nuit arrive, on se dit au revoir

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