87 – Sand Dunes, Zappata Falls, les Chevaux, Rio Grande dans la Plaine, Mesas, Orages

6h20, Départ pour les Great Sand Dunes au nord de Taos, dans le Colorado. Avec Cécile en 2006, on les avait aperçus au loin, sans s’arrêter. Jean-Marie Douau m’a parlé des 2 rivières qui les bordent: au sud le Medano Creek et le Sand Creek au nord. Donc il faut y aller. Encore une fois George a proposé de venir.

 Personne sur la Highway 64 jusqu’à Tres Piedras, ni sur la 285 jusqu’à Alamosa, ça va vite, un arrêt pour l’essence et un café.

On tourne à droite vers les dunes. Tout d’un coup elles apparaissent brun-rose, étales aux pieds des Sangre de Cristo Mountains.

Echappés en douceur des montagnes, à chaque col, les nuages avancent. Gigantesque ouate en mouvement.

Au Visitors Center un film explique le cycle infini des étranges dunes, de l’eau, du vent, du sable.

Quand on sort pour explorer les dunes, vent glacial, on marche un peu vers l’eau que j’avais vue de la fenêtre du Visitors Center. Mais elle s’amoindrit au fur et à mesure qu’on avance. De près c’est devenu une mince couche étale qu’absorbe le sable. Trop tôt, la fonte des neiges commence juste.

Alors on fait un tour en voiture pour voir, à l’abri du vent, puis on repart vers les Zappata Falls, le nom déjà est enthousiasmant! Ça monte pas mal. Arrivés tout près des chutes, grande crainte. Silence, où est l’eau? On aperçoit enfin une fente dans la montagne, et une coulée de glace. C’est la rivière.

Je monte sur la glace et avance jusqu’au fond. La voilà encore silencieuse, l’énorme chute glacée, divisée en deux parties. J’ai l’umpression d’être dans une grotte tellement l’ouverture en haut est resserrée. Derrière, à peine assourdi maintenant, le fracas de l’eau en amont de la chute. J’essaie d’avancer mais le sol est assez en pente et une légère pellicule de glace fondue rend tout horriblement glissant. J’abandonne sans avoir réussi à voir l’eau que j’entends si fort.

George a pris par dehors pour essayer de la voir d’en haut. C’est un sentier qui monte vers un lac avec des vues sur les magnifiques sommets autour et la plaine à l’infini. Au premier plan en bas les dunes de sable et sur les flancs de la montagne en face de hautes prairies claires, presque jaunes dans le vert sombre des sapins et le gris des autres arbres.

Le chemin ne s’approche à aucun moment du haut des chutes. On redescend, un peu déçus. Pique nique rapide.

Le donut, c’est l’inévitable achat dans cette boutique de station service, bazar, super marché de l’essentiel. A la caisse, devant nous, un grand type magnifique genre pionnier de cinéma, en long short sur lequel George fait une remarque et il lui répond qu’hier il faisait très chaud et qu’il s’est aperçu en sortant ce matin qu’il faisait bien froid et oui, depuis le temps qu’il habite ici, il aurait dû se douter que ça n’allait pas forcément se réchauffer, surtout avec le vent qui s’est levé froid et violent. Mais il était déjà parti. Heureusement, il avait sa canadienne bien chaude dans la voiture et tout ça avec des yeux complètement limpides, en rigolant et une tête à peindre et l’allure aguerrie de quelqu’un qui vit toujours dehors. Je lui ai bien dit que cela me plairait de le photographier avec sa veste et son short mais ça ne lui disait rien. Dommage.

Dans un des petits villages où on passe il y a un mini office de tourisme, on a lu quelque part que sur la petite route qu’on allait prendre y’avait plein de trucs à voir. J’entre dans le bureau assez sombre et j’entends le bonjour venu de derrière la porte qui, tant qu’elle n’est pas fermée, cache à moitié une vieille petite dame en train de tranquillement tricoter. Je lui demande:
– « Alors la 142, là qu’est-ce qu’il y a à voir? »
Grand silence étonné.
– « Vous allez où? »
Je répète ce qu’on a vaguement lu et elle:
-« Ah non, ça ne me dit rien! Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a à voir sur cette route. Vous feriez mieux pour aller à Taos de prendre par Questa. »
En regardant les dépliants au fond, j’en trouve un qui parle justement des églises, des pétroglyphes… le long de la route qu’on va prendre. Elle regarde et me dit:
– « Ecoutez moi je ne vois rien de rien sur cette route mais allez-y vous me raconterez. »

On prend la petite route qui passe dans la haute plaine, les mesas et le Rio Grande. Magnifique, je descends jusqu’à la rivière pour prendre des photos et là 4 chevaux arrivent au galop, ralentissent, s’arrêtent juste en face, sur la rive opposée, me regardent, boivent, marchent dans l’eau, des oies sauvages, pas loin. Merveilleusement tranquille. Ils repartent en galopant vers la mesa à droite, avec une maison au toit rouge, en haut. On n’a rien vu d’autre. Elle avait raison la dame.

Le reste du retour se fait dans une lumière d’orage. Quand on rejoint la 64, pluie battante.

En arrivant je trouverai un triste message du type aux lamas. Le lama blessé est mort. Tous les autres vont très bien.
La pluie en souvenir.

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